Paroles d'afroféministes
"Un espace safe"
"La non mixité aide au caractère safe d’un espace. Ce qui fait qu’un groupe est considéré comme safe, c’est quand on a imposé certaines conditions de bases, de la modération dans la parole, le fait de ne pas parler à la place des personnes concernées.
Une femme blanche ne peut qu’imaginer le vécu d'une femme noire. Donc elle essaye toujours d’adapter ses réactions par rapport à quelque chose qu’elle n’a jamais vécu.
La connexion est beaucoup plus friable, alors qu’il y aurait moins de mots à dire entre femmes afrodescendantes, et on avancerait plus vite."

"Une nécessité politique"

"C’est un outil. On avance, et on avance plus vite. Quand des femmes blanches sont présentes, bien souvent, nous devons tout reprendre depuis le début. Je me retrouve à répondre à la question : “C’est quoi, être une femme noire”, et j’en ai assez. Je veux pouvoir arriver en réunion et avancer. Je veux bien faire de la pédagogie mais au bout d’un moment, ça bloque.
Et puis cette non mixité, elle est temporaire, ça n’est pas un projet. On a pas pour projet de créer une France noire, de ne vivre qu’entre noirs. Elle dure le temps de la réunion et puis on retourne à la vie en mixité ! "
