Paroles d'afroféministes
L'entrée dans le monde professionnel
Un parcours vers le militantisme
Maman noire et invisible
"Je suis une grande lectrice. Et quand je suis tombée enceinte, je suis tout de suite allée à la Fnac. Il y a un énorme rayon de littérature sur la grossesse. Mais dans aucune livre on ne parle des femmes noires, tous les livres sont destinés aux femmes blanches. Je n’ai rien trouvé sur les spécificités propres aux femmes non-blanches. Sur les sites internet aussi, toutes les femmes sont blanches !
Par exemple, je voulais savoir si je pouvais défriser mes cheveux. Dans les livres que j’ai lu, qui sont donc destinés aux blanches, j’ai lu que la décoloration et la coloration étaient proscrites quand on était enceinte, au même titre que les huiles essentielles par exemple. Cela s’applique à tout le monde. Mais rien sur le défrisage (pratiqué par tellement de femmes noires et afrodescendantes)."

"Il y a aussi le problème de la césarienne. Au moment de ma grossesse, j’étais trop fatiguée pour me renseigner là dessus et je n’ai pas vraiment cherché à comprendre. Mais par la suite j’ai beaucoup lu sur internet, et les femmes noires ont deux fois plus de chance d’avoir une césarienne. Une étude a montré que dans les années 80 et 90, la césarienne était pratiquée systématiquement sur les femmes immigrées d’Afrique, sous prétexte qu’elles ont un bassin plus petit, mais aussi pour éviter la contamination mère-enfant du VIH. Depuis, cette pratique se transmet à travers des générations de médecins.
Beaucoup de césariennes sont pratiquées alors qu'elles ne sont pas nécessaires ! Et cette info n’est dans aucun livre sur la grossesse, puisqu’ils sont tous destinés aux femmes blanches !"